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| L’interview verité de Djilla avant le match Mali-Malawi : à mediter… |
| Écrit par Mahamet Traoré |
![]() La mauvaise prestation des Aigles du Mali à cette 27ème édition de Nouvel Horizon : Djilla, avec l’expérience que vous avez des compétitions africaines, quelle appréciation faites vous de cette CAN ? Mahamadou Diarra Djilla : Bon, pour le moment, on a fait deux matchs dont le premier a été soldé par un nul arraché à la dernière minute de la rencontre contre le pays organisateur et hier, nous avons fait une deuxième rencontre contre l’Algérie qui n’a été du tout satisfaisant et convainquant car, on vient de perdre les trois points bêtement, malgré tout ce que l’entraîneur nous a dit par rapport a leur centre et surtout les balles arrêtées. Et voilà qu’un petit but nous coûte très cher car, la situation devient plus compliquée. Il va falloir tout donner pour s’imposer devant le Malawi pour rester dans la course et donner un peu d’air au peuple malien. Qu’on se donne tous la main, dire qu’on joue pour le drapeau et qu’on se donne à fond pour ce pays, en donnant satisfaction aux gens qui ont souffert pendant des décennies à cause de nous. On n’a vraiment pas le droit d’être éliminé au premier tour de cette compétition, vraiment. J’en suis sûr qu’on peut passer si on le veut bien. Nouvel Horizon : Djilla, vous avez été plusieurs fois sélectionné dans l’équipe nationale, selon vous quel est le problème qui empêche nos potentialités individuelles de s’imposer quand il s’agit de l’équipe nationale ? Mahamadou Diarra Djilla : C’est très simple, le problème que nous avons aujourd’hui est le mental. Le Mali a un grand problème mental. De jour en jour le Mali devient de plus en plus faible mentalement, c’est çà qui m’inquiète beaucoup et cela me fait peur. Avec le groupe que nous avons, il ne doit pas nous manquer une telle chose. On doit se remettre en cause pour retrouver notre mental afin de mettre en valeur notre rage de vaincre. Dans le football moderne, tout le monde sait jouer et comme le coach Stephen Keshi nous a dit, ce n’est pas le nom qui va jouer, mais ce sont les 11 joueurs contre 11 joueurs et 8 joueurs sur le banc. Et même les 8 joueurs qui sont sur le banc doivent se sentir dans le même bateau, se donner à fond même si c’est une minute que l’entraîneur te donne sur le terrain, pendant ce petit temps, tu dois montrer tout ce que tu sais faire. Les deux matchs qu’on a joué, à part le changement de Seydou Keita, je n’ai pas trop senti la rentrée des remplaçants sur le terrain et ils ne nous ont rien apporté. Je n’ai rien contre personne, mais c’est la vérité. Il va falloir que les remplaçants soient avec nous et surtout, ils doivent rester jusqu’au moment où ils rentrent afin qu’ils puissent nous apporter un changement, une rage de vaincre à l’équipe ou au moins garder un certain équilibre avec l’équipe adverse dans le cours du jeu. Nouvel Horizon : Vous avez parlé tout de suite de l’engagement des uns et des autres pour faire la différence mais lors du match contre l’Algérie, nous avons vu certains joueurs presque arrêtés. Pensez vous qu’il y a dans le groupe certains joueurs qui ne se donnent pas ou qui ne se sentent pas concerner ? Mahamadou Diarra Djilla : Ce n’est pas par ce que je pense que certains ne se donnent pas pour l’équipe nationale, vous êtes journaliste, vous avez vu le match et vous étiez mieux placé que moi pour constater cet état de fait. Si vous voyez que je m’engueule sur le terrain, c’est parce qu’il y a quelque chose qui ne va pas. D’ailleurs même mon dernier carton jaune est venu de cela. Parce que je me vois entrain de me surpasser pour qu’on puisse faire un résultat et en regardant certains visages sur le terrain, on voit tout de suite qu’ils ne se donnent pas à cent pour cent, donc des trucs comme ça m’énerve. Et je suis seul sur le terrain et je ne peux pas être 7 personnes ou 8 personnes à la fois, donc je défends mon territoire mais, ils arrivent des moments où je suis une personne et pas une machine, donc je me fatigue. Je peux forcer les autres à faire ce que je suis en train de faire, mais s’ils ne le font pas, ce qu’il faut, je n’y peux rien et quand je voyais qu’on passait à côté de quelque chose qu’on pouvait faire m’énervait et j’ai mal parlé à l’arbitre, ce qui m’a coûté un carton jaune. Vraiment, c’est intolérable de passer comme ça à côté contre une équipe d’Algérie. Je donne raison à tous ce que les gens disent sur nous, et je pense qu’ils ont raison. Je leur donne raison. Il faut qu’on se dise la vérité, nous ne sommes pas à la hauteur, et je suis déçu de ce qu’on est en train de montrer et c’est vraiment indignant ce qu’on est en train de montrer. Nouvel Horizon : Djilla, vous êtes un capitaine qui n’a pas sa langue dans la poche, est ce que vous échangez avec le coach par rapport à ces situations qui vous déçoivent tant ? Mahamadou Diarra Djilla : J’échange beaucoup avec l’entraîneur. J’ai pris cette initiative pour faciliter beaucoup la communication avec l’entraîneur, d’échanger avec lui sur toutes les situations et il m’écoute beaucoup aussi. Je vous dis la vérité, l’entraîneur, il est Nigérian, et tôt ou tard, il va partir. Mais nous sommes des maliens et on va continuer à jouer pour notre pays que nous ne voulons ou pas, on va mourir dans ce pays et ce pays nous a tout donné. Le problème aujourd’hui n’est pas l’entraîneur, je vous le dis, le problème que nous avons n’est pas d’entraîneur. Ils nous a parlé de tout ce que les arabes sont capables de faire, ce que les Angolais vont commencer à faire : l’agressivité, l’arbitre serait contre nous, soyez attentifs aux centres Angolais, car ils sont très forts de la tête. Et contre l’Algérie, il nous a dit de faire beaucoup attention à leur simulation, et d’être costauds. Et voilà le résultat, en 2 matchs, nous avons pris 5 buts dont 3 dans les centres et c’est ce que je n’arrive pas à comprendre et qui m’énerve davantage. Tu parles, tu parles, et tu ne pourras que parler, car aucunement, tu ne pourras donner ton cœur à une autre personne ou ton esprit a une autre personne. Il faut trouver notre rage de vaincre et accepter de souffrir pour le drapeau en pensant à soi même.
Nouvel Horizon : Qu’est ce que vous avez à dire à ces millions de Maliens qui vous suivent et qui sont déçus et qui souffrent à cause de vous aujourd’hui ? Mahamadou Diarra Djillla : Franchement, je ne sais plus quoi dire. Ces gens ont trop souffert pour nous et continuent de souffrir encore pour nous. Ils ont toujours été derrière nous, que ça soit dans nos clubs ou au sein de l’équipe nationale. Même si on fait des transferts vers un autre club, ils transfèrent avec nous. Ils nous suivent de près, et ce n’est vraiment pas la manière de les payer. Ils méritent d’être récompensés plus et ils ne méritent pas qu’on soit éliminé au premier tour. C’est vraiment la honte. Je ne sais pas, mais ils méritent plus tous ces gens ! Propos recueillis par Moussa KONDO Commentaires (0)
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| Mise à jour le Mardi, 19 Janvier 2010 07:08 |





