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| Djibril Dramé, Entraîneur du Stade Malien de Bamako: «Une évaluation en profondeur s’impose pour faire avancer notre football…» |
| Vendredi, 16 Avril 2010 12:35 |
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Dans l’interview qui suit, l’entraîneur du Stade malien de Bamako, M. Djibril Dramé, fait sans détour, une peinture exacte de la situation de son Club, ainsi que des propositions pour faire sortir le football malien du marasme. Lisez ! Le Républicain : Depuis deux ans vous êtes entraîneur du Stade malien de Bamako. Vous avez, certes, gagné une coupe d’Afrique de Club. Mais depuis le démarrage de Djibril Dramé : Il y a deux ans, quand j’arrivais, dans ce Club, la situation était extrêmement difficile au point que tout le monde était dans un désespoir total. Et quand nous devions participer à la campagne de L’homme doit croire en Dieu, en ses capacités et à ce qu’il désire être. Avec les jeunes joueurs et les supporters stadistes, nous avons conjugué nos efforts, nous avons pu obtenir la qualification pour la phase de poule que le Mali cherchait depuis longtemps. L’appétit venant en mangeant, nous avons été premiers de notre poule. On a été jusqu’en finale, et nous avons remporté le tout premier Trophée pour le peuple malien. L’aventure a été très éprouvante pour les jeunes qui étaient déterminés et consciencieux de l’enjeu. Je vous l’avoue, pendant cette campagne, du début jusqu’à la fin, pendant 16 matchs, les enfants n’ont pas reçu Et Dieu merci, nous avons pu avoir ce trophée et au finish, le Président Samaké a récompensé tout le monde. Je dirai même que certains joueurs on été doublement récompensés, parce qu’ils ont eu des contrats à l’extérieur. Nous avons enregistré 13 départs.
Transférer 13 joueurs en même temps, pendant qu’on est engagé en compétitions africaines, ne constitue-t-il pas un risque pour le Stade malien ? C’est trop, il faut avoir le courage de le dire. Vous savez que le football est devenu aujourd’hui une véritable entreprise. Certes, les jeunes viennent pour monnayer leur talent, mais certains vivent même de cette activité. Je crois que le Stade a donné cette opportunité à beaucoup de jeunes maliens qui, aujourd’hui, vont vivre du football et vont faire vivre leur famille à travers leur métier. Je pense que c’est la plus grande satisfaction morale. Pour revenir à votre question, incontestablement, ces départs constituent un grand risque pour l’équipe. Départ dont on continue de gérer les conséquences aujourd’hui. Quand une équipe perd deux ou trois éléments clés, ça pose d’énormes problèmes, à fortiori 13 joueurs. Nous sommes en train de reconstituer une nouvelle équipe. Et je dis à qui veut l’entendre qu’il faut du temps pour revenir à notre niveau de l’année dernière. Il faut être patient et se donner le temps et les moyens pour ça. Malheureusement, au Mali, les gens veulent un résultat immédiat. Ils voient déjà l’image du stade de l’année dernière, alors que ce ne sont pas les mêmes éléments. Ceux qui sont là maintenant sont des jeunes que nous avons recrutés çà et là, que nous avons puisés dans les catégories inférieures du Club.
La rumeur court à Bamako, faisant état de la dégradation du climat entre vous et les dirigeants du Stade malien. Qu’en est-il exactement ? Effectivement, les gens le disent, mais en réalité, je dis à qui veut l’entendre qu’il n’y a pas assez de problème entre mes dirigeants et moi. C’est vrai, l’année dernière, quand Djibril venait au Stade, du 09 Février jusqu’au 18 Juillet, il n’avait pas encore signé son contrat. Mais, il a tout le temps travaillé sans relâche. L’aspect le plus important pour moi et pour qui connaît la culture malienne, c’est l’engagement. C'est-à-dire que quand on s’engage, même si c’est de façon verbale, on se bat pour atteindre l’objectif fixé. Moi, je suis dans cette logique. Mais, ce qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est que les uns et les autres pensent que je suis en train de chercher d’autres opportunités. Et que je ne veux pas travailler avec le Stade. Je dis haut et fort que je suis avec le Stade et je continue de travailler pour faire revenir le Club au plus haut niveau. Depuis que j’ai signé mon contrat avec ce Club, je n’ai pas exigé de cachet particulier. J’ai dit aux dirigeants de me donner ce qu’ils peuvent. Cependant, je n’ai pas toujours bénéficié de certains avantages que mes prédécesseurs ont eu la chance d’avoir. Malgré cela, j’ai décidé de faire des sacrifices par rapport aux objectifs que je me suis fixé au Club. C’est un devoir moral pour moi de faire ce métier, sinon, je suis agent de l’Etat, de Jusqu’à quand comptez-vous rester au Stade malien de Bamako ?
Bon, j’ai signé un contrat d’une saison et je pense que si on doit continuer à travailler, cette année, l’objectif fixé reste le championnat national, la coupe du Mali et la qualification pour la phase de poule. Par rapport à
Parlons de la campagne des Aigles Juniors en Rwanda 2009. Est-ce une parenthèse que vous n’êtes pas prêt d’oublier ? C’est une longue histoire, si on doit s’appesantir là dessus, on passera toute
Imaginez, depuis la qualification de l’équipe contre le Bénin jusqu’à la date d’aujourd’hui, c’est Djibril Dramé qui parle, on n’a pas reçu notre prime de sélection ni notre frais de voyage qui faisait 30 000 FCFA. On devait passer par Bujumbura, pour un stage bloqué de 10 jours, avant de regagner le Rwanda. Là aussi, on nous avait laissé partir tout en promettant de nous envoyer des équipements, ça n’a pas été le cas. Nous étions obligés de courir à gauche et à droite pour pouvoir travailler. Ça été très dur pour toute l’équipe.
Ce qui a fait que les joueurs étaient démoralisés avant l’échéance. Peut être c’est sciemment fait, peut être c’est fait de façon involontaire, je ne le sais pas. Je dis que ça été une expérience pour tous, mais une grande expérience pour moi. Parce qu’elle m’a permis de comprendre beaucoup de choses. Raison pour laquelle, avec le Stade, je ne suis pas allé avec le dos de
Dans les milieux du football malien, Djibril Dramé est craint, on le dit même fougueux et qu’il a la grande «gueule». Que répondez-vous ?
Les gens le disent, chacun a son caractère. Moi, j’ai mes principes, j’ai ma conviction et ma philosophie du football. On ne peut pas me dire de diriger une équipe et permettre que certaines personnes viennent interférer dans mon travail. Je ne l’accepte pas. On peut me soutenir, en me proposant des idées, car l’homme ne peut pas tout connaître. Mais, de là à vouloir prendre ma place, ou à saborder ce que je fais, là je sors mes griffes. D’autre part, il y a trop de problèmes dans le football malien et ceux qui dénoncent les insuffisances sont les mal aimés.
Tenez, lors de ce voyage sur Abidjan, nous avons terminé le match depuis le samedi, 20 mars 2010, malgré la fréquence des vols entre Bamako et Abidjan, nous sommes inutilement restés deux jours à ne rien faire. Nous aurions pu mettre ces jours à profit pour commencer déjà à préparer le match retour. Je dis, une fois de plus, qu’il y a beaucoup d’obstacles dans le football malien. Ceux qui prennent la liberté de dénoncer ces choses là ne sont pas les bienvenus. Les hommes véridiques qui ont du caractère sont mal aimés au Mali.
Depuis le retour de la CAN, les Aigles n’ont pas d’entraîneur, suite à la démission du Nigérian Stephen Keshi. Les éliminatoires de la CAN 2012 commencent bientôt. La Fédération reste toujours silencieuse. Savez-vous quelque chose sur le profil du nouvel entraîneur des Aigles ?
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(Par Entretien réalisé par De Gildas Correspondant du Républicain à Abidjan 16/04/2010)

